Tous en Espagne!

sur les pas de Pierre Jaquet-Droz et Abraham Sandoz

En cette année 2012 dédiée aux Automates et Merveilles de Jaquet-Droz, il apparaissait nécessaire  d'inscrire la traditionnelle Balade à pas contés dans cette thématique. Cela en apportant un volet inédit.
Ainsi, le samedi 25 août 2012, quelque 60 amis ont accompagné Pierre Jaquet-Droz et Abraham-Louis Sandoz, son beau-père, dans les premiers pas de leur voyage à la cour d'Espagne « pour montrer des pendules au roi Ferdinand VI ». Sur leur première carriole, ils avaient chargé pas moins de 850 kg de pendules, toutes arrivées en état correct après 1500 km de voyage plutôt mouvementé.

Deux comédiens, Philippe Vuilleumier, alias Abraham-Louis Sandoz et Raymond Pouchon, interprétant Pierre Jaquet-Droz, ont remonté le temps jusqu'en ce mois d'avril 1758. Ils ont lu des textes, adaptés pour la circonstance et tirés du livre « Le voyage de Pierre Jaquet-Droz, » écrit par André Tissot, historien et ancien directeur du Gymnase de La Chaux-de-Fonds, sur la base du journal tenu par Sandoz lui-même.

Les voyageurs ont partagé impressions, soucis et joie de ce périple qui a compté 57 jours de voyage et duré, au total, presque une année avec le temps d'attente au bon vouloir du roi et de sa cour. Le voyage fut mémorable et instructif mais aussi un grand succès financier avec la vente de toutes les pièces emportées.

Dans le magnifique paysage entourant le Château des Monts, le talent des comédiens a très vite renvoyé les participants au 18e siècle. Tous les amis ont pressé le pas pour ne pas perdre une miette des étonnements et préoccupations des héros dont les moyens de transport ne furent pas les moindres peines. Il y eu aussi rires et sourires pour les petites pointes acerbes sous-tendant les rapports entre beau-père et beau-fils, ou plutôt entre le « maître » génial inventeur et l'accompagnant, rappelé prestement à son rang de marchand de bétail. Les comédiens ont bien rendu également l'ambiance de la cour d'Espagne, avec une oisiveté obligée et des menus trop riches, dont se plaignaient nos sobres Montagnons, protestants convaincus.
 
Au retour, alors que Sandoz passait déjà pour mort, leur pactole était conséquent, équivalant à un troupeau de 250 bœufs. Une fortune qui a permis à Jaquet-Droz de construire ensuite les automates qui ont fait le bonheur, en 2012, des visiteurs du MIH à La Chaux-de-Fonds, du Château des Monts au Locle et du Musée d'art et d'histoire de Neuchâtel.

Mais personne n'oubliera l'image de nos deux voyageurs, allongeant le pas, redingote au vent, sur le chemin de la gloire.

Les participants à la balade ont, eux, très simplement gagné l'Hôtel de Ville du Locle pour une présentation du bâtiment très documentée et passionnée par Jean-Marie Cramatte, architecte communal. Un très bon repas, servi par La Croisette, a ensuite réuni les convives dans la cafétéria de l'École technique-Cifom, un lieu bienvenu pour laisser flotter, encore, l'esprit de Jaquet-Droz.

Irène Brossard