Tavannes, jadis une étoile au ciel horloger

Nostalgie, nostalgie… Au siècle passé, le village de Tavannes s’est fait connaître du monde entier par ses montres portant le label Tavannes Watch Co. Cette histoire prestigieuse valait bien une visite, d’autant plus que des liens historiques existent entre les Montagnes neuchâteloises et la cité bernoise. 

Samedi 27 août 2016, une quarantaine de membres des amis des musées d’horlogerie (amisMIH, La Chaux-de-Fonds, Château des Monts, Le Locle, et Musée de la montre de Villers-le-Lac) ont plongé dans l’histoire de Tavannes à l’occasion de leur balade annuelle « A pas contés ». La découverte s’est faite sous la conduite experte et sympathique de l’historien-guide René Koelliker.

En faisant ce choix, les organisateurs de cette année - le comité des amisMIH - répondaient à un double intérêt. D’une part, mettre ses pas dans le succès extraordinaire d’un horloger loclois, Henri-Frédéric Sandoz, et des frères Théodore et Joseph Schwob, fondateurs de Tavannes Watch Co, en 1891. D’autre part, de retracer les liens entre l’architecte de H.-F. Sandoz, René Chapallaz et la ville de La Chaux-de-Fonds et son École d’arts appliqués.

A Tavannes, la production de montres a connu un succès fulgurant, propulsant l'entreprise parmi les plus grands producteurs d'horlogerie suisse du début du XXe siècle. Elle a occupé jusqu’à 2000 employés et produit 4000 montres par jour sous les marques Tavannes Watch et Cyma. 

En 1905, Henri-Frédéric Sandoz a fait appel à l’architecte René Chapallaz pour la construction d’une nouvelle usine et de différents bâtiments, soit la villa du directeur,  une maison des chefs et une cité jardin pour une dizaine de futurs propriétaires. L’architecte, qui par ailleurs signait les premiers plans du jeune Jeanneret, futur Le Corbusier, a impliqué les élèves de l’Ecole d’arts appliqués dans la décoration de quelques éléments de cet ensemble architectural intéressant. S’y ajoutent nombre de bâtiments locatifs construits par une fondation Schwob pour loger les ouvriers. 

La découverte du joli village de Tavannes a séduit les visiteurs du jour qui ensuite ont été subjugués par la beauté de l’Abbatiale de Bellelay, lors d’une visite à nouveau commentée par l’historien René Koelliker. 

A l’Hôtel de l’Ours, dans le beau décor d’une ancienne ferme rattachée au monastère, un repas en commun a clos cette belle journée ensoleillée, riche de découvertes. 

Les participants se sont révélés des connaisseurs curieux et pertinents, avançant quelques données à éclaircir; telle cette montre exhibée et portant la marque Tavannes Watch Le Locle ou la présence d’une société Sandoz Frères œuvrant au Locle au début du XXe siècle. 

Irène Brossard